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Alice : « La pratique artistique m’a montré que j’étais capable de reprendre un rythme, j’ai eu un déclic. »
Quand on traverse une période d’isolement, reprendre un rythme, sortir de chez soi, retrouver une dynamique peut sembler hors de portée. Pourtant, parfois, un premier pas suffit à enclencher un changement.
Pour Alice, comme pour d’autres jeunes, ce déclic est passé par la pratique artistique.
Avant de rejoindre Prép’art, un dispositif de remobilisation proposé par Apprentis d’Auteuil, Alice traverse une période d’isolement. L’accompagnement lui permet de retrouver un cadre simple mais structurant : horaires, collectif, présence régulière.
"Je ne sortais quasiment pas de chez moi, ce dispositif permet de se remettre en marche. Ça m’a forcée à reprendre un rythme" Alice
A travers des ateliers artistiques variés : dessin, photo, cinéma, sculpture… L’art devient un moyen de se remettre en mouvement, sans pression. Chacun teste, explore, sans chercher la performance.
Alice, explore plusieurs pratiques : « Je fais du dessin et aussi des vidéos et je crée des univers. En sculpture, on ne fait pas tous la même chose, mais ça donne quelque chose de collectif. »
"Même si on n’est pas bon, on peut quand même faire quelque chose de beau. On ne nous demande pas d’expliquer, on fait. Et ça fait du bien." partage Constance qui a participé à Prep’art.
Pour Leïla Chebbi, cheffe de projet Remobilisation, la force de ces ateliers est claire : « La pratique artistique permet un décalage par rapport à soi et de se rendre compte qu’on est capable de faire des choses. » Un décalage précieux : moins de pression, moins de jugement, plus d’expérimentation.
Dans cet espace sécurisant, peu à peu, quelque chose se transforme, sans forcément s’en rendre compte sur le moment.
« Je ne sais pas si on se rend compte nous-mêmes, mais oui, ça change quelque chose. » Constance.
Pour Alice, le changement est plus concret : « Ça m’a montré que j’étais capable. Et juste après, j’ai repris mes études. »
Le collectif joue aussi un rôle clé dans cette transformation. Les jeunes apprennent à se découvrir, mais aussi à découvrir les autres.
« On rencontre des personnes incroyables et on se fait des amis. On a beaucoup échangé, même sur nos différences. Ça ouvre vraiment l’esprit. » Constance
« Les gens nous voient souvent plus positivement que ce qu’on pense de nous-mêmes. » Alice
Le parcours se termine par une exposition collective, source de fierté et d’accomplissement. Pour beaucoup, c’est un moment clé : les jeunes deviennent auteurs, exposants, créateurs d’un projet collectif.
« Voir nos œuvres exposées, ça montre que ce qu’on fait a de la valeur. » Alice
Le bilan ? Une métamorphose, souvent invisible au début, mais profonde. Pour Alice par exemple, le résultat est concret : un entretien réussi et une reprise d'études.
L’art un levier pour se reconstruire et avancer
Pour Leïla Chebbi, la pratique artistique est un point de départ.
" C’est un moyen d’expression différent, souvent plus accessible que la parole. Au sein du collectif de Prep’art, il n’y a pas de compétition. Les jeunes s’entraident, se soutiennent, se découvrent."
Et parfois, cela suffit à relancer une trajectoire. Constance résume bien l’expérience Prép’art.
" On vient sans rien… mais on repart avec plein de choses. "
L’action de Prép’art illustre la mission de Apprentis d’Auteuil : lutter contre le déterminisme social en offrant aux jeunes les outils pour briser leurs propres barrières. En transformant le "je ne suis pas capable" en "regardez ce que j'ai créé", la culture devient un levier d'insertion durable. Elle ne se contente pas d'occuper le temps ; elle redonne le pouvoir de rêver et d'agir.